Par Désiré KYAKWIMA

 

L’onde de choc provoquée par la révocation de la ministre provinciale des finances et le difficile consensus autour du partage des postes au sein du cabinet du gouverneur annonce des vagues géantes dans le microcosme politique au Sud-Kivu et particulièrement au sein de la coalition au pouvoir.

Ce jeudi 12 septembre, le parti présidentiel, l’UDPS s’est fendu d’un communiqué glaçant révélateur d’un petit quelque chose qui semble ne pas tourner rond dans les relations entre les deux principaux partis au pouvoir au Sud-Kivu : l’AFDC et l’UDPS. En temps normal cette communication devrait rester en interne, juste pour sauver les apparences. Mais le parti présidentiel n’y est pas allé de mains mortes prenant l’opinion à témoin sur « la ruse et la gloutonnerie » de son partenaire AFDC dans le partage des postes au cabinet; non sans avoir annoncé l’arrivée discrète d’une délégation des cadres du parti cher à l’honorable Lukwebo spécialement dépêchés à Bukavu pour dit-on censurer les personnes à nommer dans le cabinet du gouverneur. Et l’UDPS d’avertir qu’elle ne se sentira pas concernée par les décisions prises à l’issue de ces réunions. Le seul mérite de ce communiqué c’est celui d’avoir levé un coin de voile sur les raisons du retard mis dans la sortie du cabinet PURUSI et d’affirmer haut et fort que l’UDPS sera sans concession pour défendre ses intérêts.

Pour le reste, les ambitions gouvernorales du parti présidentiel réapparaissent en filigrane et remettent sur la table la confiance entre les deux partis et leur capacité à gouverner dans la paix le Sud-Kivu sans provoquer des crises institutionnelles récurrentes par le passé.

Pour l’instant, aucune réaction du côté de l’AFDC qui visiblement ne cherche pas à mettre de l’huile sur le feu mais le parti du sénateur Lukwebo ne se fait guère d’illusions sur un partenaire politique imprévisible, violent et qui ne fait pas mystère de son intention de monter aux avant-postes.