L’Association des Femmes des Médias (AFEM), avec l’appui de l’organisation suédoise Kvinna till Kvinna, a clôturé ce mercredi un atelier de formation de trois jours en faveur de plus de 50 femmes issues de différentes villes de l’Est de la République démocratique du Congo et de diverses organisations de la société civile. Lancé le lundi 16 mars, cet atelier avait pour objectif de renforcer les capacités des participantes sur des thématiques liées au relèvement de la femme, à sa représentation effective et à son implication dans les processus de paix. Les échanges ont notamment porté sur les accords de paix, les mécanismes de négociation ainsi que la participation féminine dans les initiatives de consolidation de la paix.
Lors de la cérémonie de clôture, la coordinatrice de l’AFEM, Julienne Baseke, a dressé un constat préoccupant quant à la faible représentation des femmes dans les processus de paix. Elle a dénoncé une marginalisation persistante, malgré le fait que les femmes et les jeunes filles soient parmi les premières victimes des conflits armés. « Les femmes et les jeunes filles brillent par leur absence dans les initiatives de paix. Elles ne sont pas présentes sur les tables de négociation. Pourtant, elles constituent le pilier de la résilience communautaire », a-t-elle déclaré.

Elle a également souligné que l’analyse des récents accords, notamment ceux de Doha et de Washington, révèle une absence quasi totale de participation féminine. Face à ce constat, les participantes ont plaidé pour une inclusion effective des femmes dans les dialogues et processus de paix en RDC. Pour Modestine Sifa Ocha, PDG de l’entreprise Ujamaa et personne vivant avec handicap, les femmes ont autant de droits que les hommes à prendre part aux discussions sur la paix. Elle insiste sur la nécessité d’investir dans l’éducation dès le bas âge et de promouvoir une représentation féminine à tous les niveaux.
De son côté, Mululu Rachel a rappelé que les femmes sont en première ligne dans les communautés affectées par les conflits, où elles subissent souvent des atrocités. Cette proximité avec les réalités du terrain leur confère, selon elle, une compréhension approfondie des causes et des conséquences des conflits, faisant d’elles des actrices clés dans la recherche de solutions durables. Même son de cloche chez Solange Lwashiga, secrétaire exécutive du Caucus des femmes pour la paix, qui a évoqué la précarité vécue par les femmes déplacées avec leurs enfants en période de crise.
« Dans les camps de déplacés, une mère peut allumer un feu sans rien à cuire, simplement pour calmer la faim de ses enfants en attendant une assistance humanitaire », a-t-elle illustré, mettant en lumière la détresse quotidienne des familles affectées. Elle a par ailleurs insisté sur le rôle crucial des femmes dans la médiation communautaire, notamment dans les villages où elles interviennent pour apaiser les tensions et renforcer la cohésion sociale. Prenant également la parole, Caddy Adzuba, présidente du conseil d’administration de la Fondation Pélagie Muhigirwa, a rappelé qu’une étude des Nations Unies démontre que la participation des femmes aux processus de paix augmente de 35 % les chances d’aboutir à des accords durables.
Au terme de ces assises, les participantes se sont engagées à intensifier les actions de plaidoyer aux niveaux local, national et international afin de promouvoir la participation effective des femmes dans les négociations de paix en République démocratique du Congo.
Patrick Makiro

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