Ce 14 mai marque le 25e anniversaire du massacre de Katogota, une tragédie oubliée mais profondément gravée dans la mémoire collective des populations du territoire d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu.
Le 14 mai 2000, plus de 370 civils innocents ont été sauvagement tués dans ce village du groupement d’Itara-Luvungi, dans la chefferie des Bafuliiru, lors d’une opération d’extermination à caractère tribal et politique.
Un quart de siècle plus tard, les plaies restent béantes. Les familles des victimes et les rescapés, privés de justice et de réparation, attendent encore que la lumière soit faite et que les responsables – aussi bien les exécutants que les commanditaires – soient traduits devant les juridictions nationales ou internationales compétentes.
Cette année, la commémoration du massacre ne peut se tenir dans la dignité en raison d’une nouvelle instabilité sur le plan sécuritaire dans la région, marquée par l’occupation partielle de certains villages du Sud-Kivu, dont Katogota, par l’AFC/M23.

Dans un message empreint à la fois d’émotion et de détermination, André Byadunia Mashaka, figure locale et « choix du peuple », lance un vibrant appel à la justice congolaise et internationale :
Il en appelle également à la solidarité nationale et internationale pour accompagner les familles éprouvées et redonner espoir aux communautés meurtries par les conflits cycliques dans la région.
Le massacre de Katogota s’inscrit dans une série de violences perpétrées au tournant des années 2000 dans l’est de la RDC, souvent orchestrées dans un silence complice et une impunité généralisée.
Malgré de nombreux rapports d’enquête, dont celui du Projet Mapping de l’ONU publié en 2010, aucune suite judiciaire concrète n’a été donnée à ce jour.
À l’heure où les conflits armés continuent de semer la mort dans l’est du Congo, les appels à la justice se font plus pressants. Les communautés affectées, tout comme les organisations de la société civile, demandent la mise en place d’un mécanisme de justice transitionnelle efficace et indépendant.
Classic IMANI/ Depuis Katogota