Entre le gouvernement provincial et l’assemblée provinciale du sud-kivu, il y a de l’eau dans le gaz. Les bruits d’une motion de censure contre J.J Purusi et son gouvernement font résurgir les démons scissipares du conflit interinstitutionnel au Sud-Kivu, du moins dans la partie sous contrôle du gouvernement de la république. Les députés motionnaires brandissent toute une panoplie de griefs qui vont du détournement des fonds publics à la mauvaise gouvernance. Aux dernières nouvelles nous apprenons que le gouverneur Purusi et les membres du bureau sont convoqués à Kinshasa où l’accusé passera sur le gril.

 

Purusi peut-il s’en sortir?

 

Si l’on s’en tient strictement au voeux exprimé par le ministère de l’intérieur, celui d’éviter en cette période de guerre toutes sortes de motions en vue de préserver la fragile stabilité institutionnelle dans les provinces, il y a lieu de croire: que le ministre va rappeler aux deux parties que le gouvernement national est farouchement opposé à toute initiative parlementaire qui irait dans le sens voulu par les motionnaires et qui ferait le lit aux troubles à l’ordre public. Dans ce cas le gouvernement Purusi tirerait son épingle du jeu.

Deuxième hypothèse, l’intervention personnelle du chef de l’état qui voudrait siffler la fin de cette récréation qui n’a que trop duré au Sud-Kivu et dans d’autres provinces du pays au point de se poser des questions sur la viabilité de notre démocratie et l’existence des exécutifs provinciaux dont la survie dépend du bon vouloir et des appétits gloutons des députés provinciaux comme si les malheureuses expériences du passé n’ont pas suffit pour convaincre la haute hiérarchie du pays de décourager les motions souvent alimentaires dans nos assemblées provinciales. Le président Tshisekedi devra décourager cette nouvelle tentative comme il l’avait fait pour l’ex gouverneur Théo Ngwabidje.

 

Les hypothèques sur la route de Purusi

 

Pour beaucoup d’observateurs, un combat des gladiateurs est en cours entre l’UDPS et l’AFDC du sénateur Modeste Bahati Lukwebo récemment évincé du poste de 2ème vice-président du sénat. A la manoeuvre, le vice-gouverneur Elakano qui n’a jamais fait mystère de sa volonté d’occuper le poste de gouverneur de province. Profitant de la brouille actuelle, le natif de Fizi veut profiter de la disgrâce de l’AFDC pour occuper le fauteuil. Un message devenu virale dans les réseaux sociaux montre comment monsieur Elakano sur un ton jubilatoire commence déjà à préparer ses pions à  » la victoire finale » se vantant de « maitriser le jeux et l’enjeu ».

Il appartient au gouverneur Jean-Jacques Purusi de s’autodéterminer par rapport aux événements s’il ne veut pas subir le supplice de Tantale. Il est étonnant que sa communication démeure silencieuse alors qu’elle devait être à l’abordage, au combat en réveillant les cellules dormantes afin qu’aucune ambiguité possible ne transparaisse de son côté. Hélàs!

Réputé pour être un homme qui sait s’assumer, monsieur Purusi décidera en dernier ressort sur l’attitude à prendre face à ce nouveau challenge: choisira-t-il le jusqu’auboutisme ou la voie de la raison et de la sagesse qui lui éviterait l’humiliation? Tout compte fait, les jours à venir nous en diront davantage.

 

Désiré KYAKWIMA