Des journalistes et responsables des médias du Sud-Kivu ont pris l’engagement de lutter contre les discours de haine et de promouvoir la cohabitation pacifique dans la région des Grands Lacs. Cet engagement a été formulé à l’issue d’un atelier d’échanges organisé par l’organisation Journalistes pour la Promotion de la Démocratie et des Droits Humains (JPDDH), ce mardi 20 avril 2026. Les participants ont analysé les origines des discours de haine ainsi que leur perception au sein des communautés. Il a été relevé que ces discours s’intensifient particulièrement en période de conflits, avec des conséquences néfastes sur la cohésion sociale et le développement.

Selon la coordinatrice de la JPDDH, Gabriella Bashengezi, l’implication des professionnels des médias est cruciale dans un contexte marqué par la persistance des conflits armés, la prolifération des messages haineux et une insécurité grandissante, menaçant la cohésion nationale et la protection des civils. Elle a insisté sur le rôle fondamental d’une information vérifiée et responsable, soulignant que le journaliste demeure un acteur clé dans la lutte contre la désinformation et les discours de haine.

Au cours des échanges, les journalistes et responsables des médias ont pris l’engagement de redoubler d’efforts pour déconstruire les préjugés et stéréotypes à la base de la propagation de ces discours. « La montée des discours de haine trouve son origine dans la peur de l’autre. Lorsque nous ne cherchons pas à comprendre notre prochain, nous lui attribuons des jugements sans fondement », a déclaré Honneur-David Safari, responsable du média La Prunelle RDC.

Il a également rappelé que : « Depuis 1998, nous sommes engagés dans la lutte contre les discours de haine, et ce combat doit se poursuivre. En tant que journalistes, nous devons respecter les principes de notre profession afin de mettre fin à la haine tribale au Kivu et dans toute la région des Grands Lacs. La tolérance mutuelle est une nécessité. » À l’issue de l’atelier, un acte d’engagement contre les discours de haine et la désinformation a été amendé et signé, témoignant de la volonté ferme des professionnels des médias de contribuer à la cohésion sociale en période de conflits.

Cette activité s’inscrit dans le cadre du projet « Appui à la protection des journalistes, lutte contre la désinformation et les discours de haine au Nord et Sud-Kivu », mis en œuvre par la JPDDH avec l’appui de NED.

Patrick Makiro