L’ASBL Renaissance Africaine (RENAF) exprime sa profonde préoccupation face à la détérioration continue de la situation humanitaire, sanitaire et psychosociale dans les zones affectées par les conflits armés au Sud-Kivu. Depuis plusieurs mois, les populations civiles vivent dans un contexte marqué par une insécurité persistante, des affrontements armés, des déplacements forcés, des violences communautaires, des pillages ainsi que par la destruction des moyens de subsistance. À cela s’ajoute un accès extrêmement limité aux services sociaux de base. Les femmes, les enfants, les personnes âgées, les personnes vivant avec handicap ainsi que les survivantes de violences figurent parmi les principales victimes de cette crise prolongée.

 

L’ASBL Renaissance Africaine déplore particulièrement la recrudescence des maladies infectieuses dans les zones touchées par les conflits, notamment le VIH/SIDA, le paludisme, les infections respiratoires et d’autres maladies transmissibles, alors que plusieurs structures sanitaires restent inaccessibles ou insuffisamment approvisionnées en médicaments essentiels. Dans un communiqué daté du 11 mai 2026 et consulté par notre rédaction, cette organisation indique que plusieurs localités enclavées des hauts et moyens plateaux d’Uvira ainsi que de la plaine de la Ruzizi font face à une pénurie critique de médicaments contre le paludisme et d’intrants médicaux destinés aux personnes vivant avec le VIH. Selon la structure, cette situation accentue considérablement la vulnérabilité des populations déjà traumatisées par les conflits armés.

 

RENAF dit également constater avec inquiétude l’absence ou l’insuffisance des services de Santé Mentale et Soutien Psychosocial (SMSPS), notamment des salons thérapeutiques communautaires dans plusieurs zones fortement affectées, alors que les besoins psychosociaux deviennent de plus en plus urgents. Les populations traumatisées manquent d’espaces sécurisés d’écoute, d’accompagnement psychosocial, de prise en charge des traumatismes ainsi que de mécanismes de référencement des cas de protection.

 

L’organisation souligne par ailleurs l’importance du renforcement de la cohésion sociale, du dialogue communautaire et du vivre-ensemble pacifique, particulièrement dans les territoires affectés par les conflits armés et les tensions communautaires. Pour elle, la consolidation d’une paix durable passe par des actions concertées favorisant la réconciliation communautaire, la prévention des conflits et la restauration du tissu social. Face à cette situation jugée préoccupante, l’ASBL Renaissance Africaine lance un appel au Gouvernement congolais et aux autorités provinciales afin de renforcer la protection des populations civiles et de faciliter l’accès humanitaire dans les zones enclavées. Elle appelle également les partenaires humanitaires, les agences des Nations Unies ainsi que les organisations nationales et internationales à intensifier les interventions sanitaires, psychosociales et de protection communautaire.

 

Aux bailleurs et partenaires techniques, l’organisation demande un appui à l’implantation des salons thérapeutiques communautaires dans les hauts et moyens plateaux d’Uvira ainsi que dans la plaine de la Ruzizi. Enfin, l’ASBL invite les acteurs de santé publique à renforcer l’approvisionnement en médicaments essentiels, notamment pour le VIH/SIDA et le paludisme, dans les zones difficiles d’accès, tout en exhortant les acteurs communautaires et institutionnels à promouvoir la cohésion sociale, le dialogue inclusif et la coexistence pacifique entre les communautés.

 

Tout en réaffirmant son engagement à accompagner les communautés affectées à travers des actions humanitaires inclusives, impartiales et respectueuses des droits humains, RENAF estime que la protection des civils, l’accès équitable aux soins de santé, le soutien psychosocial ainsi que la restauration de la dignité humaine doivent demeurer une priorité collective et urgente pour tous les acteurs engagés en faveur de la paix et du développement durable au Sud-Kivu.

 

Wendo Joés