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Société & Genre Territoire : Île d’Idjwi mardi 9 juin 2026 ⏱ 4 min de lecture

RDC : Les peuples autochtones pygmées dénoncent une insécurité foncière persistante et craignent de nouvelles expulsions

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admin Correspondant Sud-Kivu

Dans plusieurs territoires de l’Est de la République démocratique du Congo, des communautés autochtones pygmées tirent la sonnette d’alarme face à une insécurité foncière qu’elles jugent persistante. Selon leurs témoignages, certaines terres acquises par des organisations, institutions ou bienfaiteurs pour leur réinstallation demeurent légalement enregistrées au nom de ces derniers, sans transfert effectif de propriété aux bénéficiaires.

Cette situation place de nombreuses familles dans une précarité permanente, les exposant au risque d’expulsion même après plusieurs années d’occupation. Les communautés concernées estiment que cette absence de sécurisation juridique compromet leurs droits fondamentaux, notamment le droit au logement, à la dignité et au développement.

« Nous pensions enfin avoir trouvé un endroit où vivre en paix avec nos familles. Aujourd’hui encore, nous vivons dans la crainte d’être expulsés parce que les terres que nous occupons ne nous appartiennent pas légalement », confie un représentant de la communauté pygmée ayant requis l’anonymat.

Une marginalisation historique qui perdure
Considérés parmi les populations les plus vulnérables de la RDC, les peuples autochtones pygmées continuent de faire face à de multiples formes de discrimination. Pendant plusieurs décennies, ils ont été confrontés à des obstacles limitant leur accès à l’éducation, aux soins de santé, à l’emploi ainsi qu’à la propriété foncière.

Pour plusieurs défenseurs des droits humains, les projets de réinstallation ou d’assistance en faveur de ces communautés devraient impérativement inclure des mécanismes garantissant leur accès durable à la propriété foncière afin de prévenir toute nouvelle forme de vulnérabilité.

Face à cette problématique, l’Association des Journalistes d’Idjwi pour la Paix, la Démocratie et les Droits Humains (AJIPDDH) appelle les autorités et les partenaires de développement à renforcer la protection des droits fonciers des peuples autochtones pygmées. Selon son coordonnateur, Albert Cinyabuguma, le droit à la terre constitue un préalable indispensable à l’épanouissement des communautés concernées.

« Le droit à la terre est étroitement lié au droit à la vie, à la dignité et au développement. Les peuples autochtones pygmées ne doivent pas être considérés comme de simples occupants temporaires. Toute initiative menée en leur faveur doit viser leur autonomie ainsi qu’une sécurisation foncière durable », a-t-il déclaré. L’organisation recommande la mise en place de mécanismes transparents permettant aux bénéficiaires d’obtenir des titres ou documents fonciers reconnus par les autorités compétentes.

Les représentants des peuples autochtones pygmées réclament notamment :

  •  La sécurisation juridique des terres qu’ils occupent ;
  • La délivrance de documents fonciers officiels ;
  •  La protection contre toute expulsion arbitraire ;
  •  La consultation préalable des communautés dans toute décision relative à leurs terres ;
  •  Le respect des droits reconnus aux peuples autochtones par les lois nationales et les conventions internationales relatives aux droits humains.

« Nous voulons vivre en paix, élever nos enfants et construire notre avenir sans la peur permanente d’être chassés de nos terres », affirme un chef communautaire pygmée.

L’AJIPDDH invite les autorités nationales, provinciales et locales à examiner avec attention les préoccupations exprimées par les communautés concernées et à prendre des mesures concrètes pour garantir le respect de leurs droits fonciers. L’organisation rappelle que la protection des peuples autochtones constitue non seulement une exigence de justice sociale, mais également un facteur essentiel de cohésion nationale, de paix durable et de développement inclusif.

Pour l’AJIPDDH, la sécurisation effective des terres occupées par les peuples autochtones pygmées demeure une condition indispensable pour leur permettre de vivre dignement, de préserver leur identité et de participer pleinement au développement de leurs communautés.

Albert Cinyabuguma

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