Dans le cadre de la campagne « Mois vert » initiée par la coopération suisse, une conférence-débat s’est tenue ce mardi 24 mars 2026 au campus Mulindwa de Bugabo, réunissant des étudiants de l’Université Catholique de Bukavu (UCB) autour des enjeux environnementaux qui menacent la ville. Placée sous le thème : « Briser le silence et appeler à des actions concrètes face aux défis environnementaux à Bukavu », cette activité s’inscrit dans un marathon écologique visant à éveiller les consciences et encourager l’engagement citoyen, particulièrement chez les jeunes.
Ouvrant la série d’interventions, le professeur Daniel Muhindo, de la faculté d’agronomie, a présenté une analyse sur la dynamique de l’occupation du sol à Bukavu. Il a notamment révélé que près de 65 % du relief de la ville est constitué de pentes, exposées à de fortes précipitations et à des phénomènes climatiques extrêmes. Face à cette réalité préoccupante, il a recommandé plusieurs pistes de solution, notamment le reboisement urbain et périurbain, l’aménagement des zones à risque, la gestion rationnelle des eaux de pluie ainsi que le renforcement de la sensibilisation communautaire. De son côté, le professeur Fabrice Muvunja, enseignant au département de l’environnement, a attiré l’attention sur les effets du changement climatique dans le bassin du lac Kivu.

Selon lui, depuis les années 1960, la région enregistre une augmentation des précipitations pouvant atteindre 12 %, entraînant une élévation du niveau des eaux du lac. Il a également pointé du doigt l’aggravation des phénomènes d’érosion, liée à la vulnérabilité du relief, aux constructions anarchiques sur des terrains en pente et à l’insalubrité urbaine qui obstrue les canaux de drainage. Pour y remédier, cet expert préconise une gestion intégrée des bassins versants ainsi que la protection des berges des rivières et des ravins. Clôturant les exposés, le professeur Janvier Bashagaluke Bigabwa, doyen de la faculté d’agronomie, a insisté sur la nécessité de mettre en place un système d’alerte précoce environnementale.
Selon lui, un tel dispositif permettrait d’anticiper les catastrophes naturelles et de réduire considérablement les pertes humaines et matérielles. La rencontre, qui a connu la participation d’une délégation de la coopération suisse, s’est achevée par un appel fort aux étudiants : adopter des comportements écologiques responsables et s’impliquer activement dans la protection de l’environnement urbain.
Par Patrick Makiro

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