Un projet axé sur la santé reproductive en faveur des femmes survivantes des violences sexuelles et des violences basées sur le genre (VBG) a été officiellement lancé ce mercredi 17 Juin 2026 à Kamanyola, dans le territoire de Walungu, au Sud-Kivu.
Mis en œuvre par l’organisation nationale Santé et Développement (SAD), ce projet de trois mois vise à renforcer la prise en charge des femmes affectées par la crise sécuritaire qui sévit dans la région. La cérémonie de lancement s’est déroulée au Centre de santé de Kamanyola, en présence des autorités locales, des leaders communautaires et des prestataires de santé.
Dans une interview accordée au magazine Le Courrier de Bukavu, le médecin-chef de la zone de santé de Nyangezi, Olivier Kabarati Amani, a indiqué que cette initiative permettra d’offrir une assistance intégrée aux bénéficiaires, notamment à travers des services de santé reproductive, la distribution de kits de dignité et un appui financier destiné à favoriser leur réinsertion socio-économique.

Selon lui, le projet cible prioritairement les femmes enceintes et allaitantes, les survivantes des violences sexuelles et basées sur le genre, les adolescentes en âge de procréer, les femmes sans revenus, celles vivant dans des conditions d’hébergement précaires, ainsi que les femmes déplacées, retournées, réfugiées ou n’ayant pas accès aux biens essentiels.
Trois aires de santé ont été retenues pour la mise en œuvre de cette initiative : Kamanyola, Kashenyi et Mulira. Des centres d’écoute y seront installés afin d’offrir un accompagnement psychosocial et une orientation adaptée aux victimes.
D’après les responsables du projet, cette intervention répond à plusieurs défis auxquels la communauté est confrontée, notamment l’aggravation de la pauvreté liée à l’insécurité persistante, les déplacements de populations, le faible niveau d’instruction, les grossesses non désirées et la recrudescence des mariages précoces.
Par ailleurs, six structures communautaires seront sélectionnées et formées pour mener des activités de sensibilisation de proximité. L’objectif est de prévenir les violences basées sur le genre et d’encourager les survivantes à recourir aux services de prise en charge disponibles. La société civile locale salue cette initiative, qu’elle considère comme une réponse adaptée au contexte socio-économique difficile que traverse la cité de Kamanyola depuis plusieurs mois.
La crise sécuritaire a notamment entraîné des déplacements de populations, des pertes de biens, des disparitions de civils et une hausse du chômage dans plusieurs secteurs d’activité. Située entre les villes d’Uvira et de Bukavu, Kamanyola constitue un important carrefour transfrontalier dans la région des Grands Lacs.
Wendo Joés

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