Le camp de réfugiés congolais de Rutana, situé à environ 230 kilomètres de la frontière avec le Sud-Kivu, en République Démocratique du Congo, a été sévèrement frappé dans la nuit du 13 au 14 avril par de violentes pluies diluviennes. Au lever du jour, une grande partie du site était sous les eaux, laissant des centaines de familles sans abri, leurs maigres biens emportés par les flots.
Selon des témoins sur place, les inondations ont endommagé plusieurs abris temporaires, détruit des latrines, et compromis l’accès à l’eau potable. « Nous avons tout perdu cette nuit-là. Nos enfants n’ont même plus où dormir », confie Marie, une mère de six enfants présente sur le site.
Mais au-delà de cette catastrophe naturelle, une autre crise, plus insidieuse, est venue aggraver la détresse des réfugiés : le détournement présumé des rations alimentaires.
Plusieurs bénéficiaires affirment n’avoir reçu qu’une fraction des vivres prévus pour le trimestre en cours. « Ce mois-ci, nous devions recevoir du maïs, des haricots, de l’huile et du sel, mais on ne nous a donné que du maïs, et en très petite quantité », témoigne un chef de ménage.
Des soupçons pèsent sur certains responsables du camp, accusés d’avoir orchestré une redistribution opaque de l’aide humanitaire. Des voix s’élèvent pour demander une enquête indépendante afin de faire la lumière sur ces pratiques qui, si elles sont avérées, constituent une violation grave des droits des personnes réfugiées.
Des organisations humanitaires présentes sur place, bien que discrètes, reconnaissent les difficultés. « La situation est très préoccupante. Les besoins humanitaires augmentent, et toute entrave à la distribution de l’aide compromet la survie de ces familles », a déclaré un agent humanitaire sous couvert d’anonymat.
Alors que la saison des pluies s’intensifie et que la nourriture vient à manquer, la communauté internationale est appelée à renforcer son soutien logistique et à veiller à la transparence dans la gestion de l’aide destinée à ces populations déjà meurtries par les violences et l’exil.
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