DRC: 21e commémoration du massacre des réfugiés Banyamulenge à Gatumba, les victimes réclament justice
📸 © Le Courrier de Bukavu / Rédaction Sud-Kivu
Ce mercredi 13 août 2025, celà fait exactement 21 ans depuis le massacre perpétré dans le camp de Gatumba à la frontière entre la république Démocratique du Congo et le Burundi.
Ce jour là, des combattants armés, la plupart d’entre eux appartenant au Front National de
Libération (FNL) ont massacré au moins 166 civils congolais et blessé près de 106 d’entre eux. Le FNL d’Agathon Rwassa avait revendiqué cet acte.
La cérémonie commémorative de ce massacre s’est déroulé à la salle Marie Claire en présence de plusieurs autorités provinciales dont le représentant de la coordination de l’AFC/M23, Lawrence Kanyuka, le gouverneur du Sud-Kivu, le maire de Bukavu et divers responsables administratifs ainsi que de nombreux rescapés de cette attaque.
Organisée pour honorer la mémoire des victimes et réclamer justice, la cérémonie a été marquée par des chants de recueillement, la projection d’un documentaire retraçant le drame, ainsi que plusieurs interventions rappelant les faits et les conséquences de ce massacre.
Des témoignages poignants de survivants ont mis en lumière les souffrances endurées et dénoncé le silence qui a longtemps entouré cette tragédie.
« J’avais 17 ans à l’époque lors de cet événement douloureux dans le camp de Gatumba avec mes parents.
Ont vivait avec la famille de Gasosi et deux autres familles. À 22 h on avait entendu des coups de feu. Toutes les familles avec lesquelles on vivait étaient massacrées. Moi et mon petit frère ont avait fuit dans un pâturage où on avait trouvé refuge à 100 m du camp. Je voyais de mes propres yeux des familiers et voisins allongés par terre. Sans secours on ne pouvais que subir les conséquences de leur méchanceté. Aujourd’hui 21 ans après c’est déplorable de constater que rien n’a été fait par la communauté internationale pour que la justice soit faite » déclare un rescapé.
Et un autre rescapé ajoute :
« Nous réclamons le tribunal pénal international pour statuer sur les massacres commis en RDC sans exception. Y compris les massacres contre les tutsi congolais. C’est ma première fois de témoigner ce que j’ai vécu devant les autorités et j’espère que nos revendications seront prises en compte. » a témoigné avec amertume Mr Bigira.
Prenant la parole à son tour, Me Claude Bagayamukwe a rappelé certaines notions en rapport avec l’obtention de la nationalité et les lois internationales qui protègent les réfugiés.
« Les Banyamulenge sont des congolais et méritent la même considération que d’autres citoyens congolais. La stigmatisation dont sont victimes cette catégorie des congolais est une violation de leurs droits constitutionnels » a-t-il insisté.
Cette cérémonie s’est clôturée sous une note d’espérance d’une justice équitable pour les victimes et leurs familles.
Patrick MAKIRO
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