À Bukavu, le non-respect du port des gilets numérotés par plusieurs conducteurs de taximotos et de bajajs devient une véritable menace pour la sécurité des usagers de la route.
Le vendredi 26 septembre 2025 à 10 h, l’autorité provinciale, en partenariat avec l’Agence de Gestion de Transport Public du Congo (AGTPC), avait procédé au lancement officiel de l’opération de vente et de distribution des gilets sécurisés destinés aux motards et bajajistes.
Trois mois plus tard, le constat sur les principales artères de Bukavu reste préoccupant : à Kadutu, Ibanda ou encore Bagira, de nombreux conducteurs circulent toujours sans ce gilet pourtant obligatoire.
Face à cette situation, plusieurs associations de motards et de bajajistes , notamment l’ASONAMOC, l’ASNAMOC, l’APROMOTCO, l’AMOCYCO, la COTAM, l’APROMOTRIV, l’ATTKA, la TRACTED et la CEMCO , appuient la Mairie de Bukavu dans les actions de sensibilisation. Elles encouragent leurs membres, ainsi que les propriétaires des motos et bajajs, à s’identifier et à se procurer les gilets sécurisés numérotés.
« La tendance est plutôt bonne. Le nombre d’identifications et d’achats de gilets augmente chaque jour. À ce jour, plus de 4 000 motos et bajajs sont déjà identifiés, et leurs conducteurs disposent chacun d’un gilet sécurisé », affirme Charles Banyawa, président de l’Association des Propriétaires et Motocyclistes Transporteurs du Congo (APROMOTCO).
Il précise que le délai accordé pour l’identification est de six mois :
« Ceux qui ne possèdent pas encore de gilet sont encore dans le délai. Mais après six mois, tout conducteur surpris sans gilet numéroté sera arrêté et soumis à une amende. »
Charles Banyawa appelle également la population locale à la vigilance et déconseille de monter sur des motos dont les conducteurs ne portent pas de gilet numéroté : « C’est une question de sécurité pour tous. »
L’absence de gilets complique l’identification des conducteurs en cas d’accident, d’agression ou de vol, et accroît l’insécurité ressentie par les passagers.
« Moi, je préfère monter sur une moto avec un conducteur portant un gilet numéroté. On ne sait jamais. S’il arrive quelque chose, au moins on peut facilement l’identifier », témoigne une passagère rencontrée à Biahéné.
À Major Vangu, un motard reconnaît les avantages du dispositif :
« J’apprécie beaucoup cette initiative parce qu’elle nous distingue des bandits qui opèrent avec des motos. Le problème est que j’oublie souvent mon gilet en quittant la maison, je ne suis pas encore habitué. »
Pour certains chauffeurs, ce manquement relève de la simple négligence. Pourtant, le port du gilet ne devrait plus être perçu comme une contrainte mais comme un outil essentiel de sécurité et de professionnalisme dans le secteur du transport moto à Bukavu.
Samuel MUGISHO