La crise qui secoue le secteur de l’éducation en République Démocratique du Congo ne cesse de s’aggraver. Depuis l’ouverture, le 2 septembre dernier de l’année scolaire 2024-2025, les élèves des écoles publiques en République démocratique du Congo n’ont pas repris le chemin de l’école pour encadrer les élèves avides de réaliser leurs rêves. Le Sud-Kivu n’est pas épargné de cet avis de grève qui secoue le système éducatif en RDC.
Alors que les enseignants poursuivent leur mouvement de grève pour réclamer de meilleures conditions de travail, le gouvernement, sous la houlette de la Vice-Ministre de l’Intérieur, Eugénie Tshela Kamba, semble privilégier la répression à la place de la négociation.
Dans un télégramme adressé aux gouverneurs de province, la Vice-Ministre a ordonné de « éviter tout radicalisme » tout en appelant à une surveillance accrue des leaders syndicaux. Cette décision intervient dans un contexte marqué par une intensification des pressions sur les enseignants, avec des signalements de menaces et d’intimidations visant les manifestants.
Une véritable chasse aux sorcières ?
Les syndicats dénoncent une véritable chasse à l’homme orchestrée par les autorités. Les marches pacifiques organisées pour exprimer leur mécontentement ont été dispersées et plusieurs de leurs membres ont été arrêtés. Cette répression ne fait qu’envenimer un climat déjà tendu et risque de radicaliser davantage le mouvement.

Les élèves, premières victimes
Pendant ce temps, ce sont les élèves qui paient le plus lourd tribut. Privés de cours depuis plusieurs semaines, leur avenir scolaire est compromis.
Les parents, eux, se retrouvent démunis face à cette situation et appellent à une rapide résolution du conflit.
Les enseignants, déterminés à faire entendre leurs voix, ne semblent pas prêts à céder. Ils réclament notamment une augmentation significative de leurs salaires, le paiement des arriérés et l’amélioration de leurs conditions de travail. De leur côté, les autorités campent sur leurs positions, refusant de faire des concessions.
Difficile de prédire l’issue de ce bras de fer. Si le gouvernement persiste dans sa politique de la fermeté, le conflit risque de s’enliser et de paralyser davantage le système éducatif. Une solution négociée semble pourtant être la seule issue pour sortir de cette impasse. Il est urgent que les parties prenantes engagent un dialogue constructif afin de trouver un terrain d’entente et de permettre aux élèves de reprendre le chemin de l’école.
Néanmoins, il faut retenir que plusieurs mouvements citoyens projettent des actions de grande envergure pour exiger la fin de cette grève qui met en danger l’éducation des enfants.
Patrick MAKIRO