Le mouvement citoyen Rien sans les jeunes pour le développement du Congo (RSJDC) hausse le ton contre l’implantation des dépotoirs de Kakoma, dans le groupement de Cirunga, et de Bwirembe, dans le groupement de Bushwira, en territoire de Kabare. Dans une déclaration rendue publique, cette structure citoyenne dénonce les conséquences jugées « graves et alarmantes » liées à la gestion de ces sites de déchets, situés à proximité immédiate des habitations. Selon le mouvement, ces dépotoirs représentent un danger réel pour la santé publique et pour l’environnement.

Depuis plusieurs mois, le RSJDC affirme avoir alerté sur la prolifération des déchets le long des routes dans ces zones, favorisant la propagation de maladies telles que le paludisme, ainsi que d’autres infections liées à la présence massive de mouches et à l’insalubrité ambiante. La situation est d’autant plus préoccupante que, pendant la période des vacances, des enfants fréquentent ces dépotoirs à la recherche d’objets récupérables, appelés localement « bicuma », souvent tranchants ou contaminés.

Une pratique jugée dangereuse, qui se déroule sous le regard impuissant, voire complice, des gestionnaires de ces sites. Le mouvement citoyen rappelle que, dans les normes environnementales, l’implantation des dépotoirs ne peut se faire à proximité des habitations, en raison des risques sanitaires et écologiques qu’ils engendrent. « Respirer devient difficile dans ces zones », déplore le communiqué.

Par ailleurs, le RSJDC critique l’organisation du ramassage des déchets. Certains véhicules, faute d’accès approprié, déverseraient les immondices en pleine route, perturbant la circulation et exposant davantage les riverains. Le cas du dépotoir de Kakoma/Musigiko est particulièrement cité. Face à cette situation, le mouvement estime que l’autorité municipale aurait été induite en erreur par les gestionnaires de ces dépotoirs et appelle à une réévaluation urgente de la décision ayant conduit à leur implantation.

Le RSJDC insiste également sur le respect des textes légaux en vigueur en République démocratique du Congo, notamment la Constitution qui garantit à chaque citoyen le droit à un environnement sain, ainsi que les lois relatives à la protection de l’environnement et à la santé publique. Parmi ses principales revendications, le mouvement exige :

•⁠ ⁠La délocalisation immédiate des dépotoirs de Kakoma et Bwirembe, en raison des risques sanitaires encourus par les populations riveraines ;
•⁠ ⁠Le respect strict des normes environnementales nationales et internationales dans la gestion des déchets ;
•⁠ ⁠L’interpellation des responsables de ces sites pour répondre de la mauvaise gestion constatée ;
•⁠ ⁠L’interdiction formelle de l’accès des enfants à ces dépotoirs ;
•⁠ ⁠La sensibilisation de la population aux dangers liés à la manipulation des déchets.

Le mouvement appelle également la population à la vigilance, en particulier les parents, afin d’empêcher les enfants de fréquenter ces sites dangereux. Enfin, le RSJDC prévient que, faute de mesures concrètes dans un délai raisonnable, des actions citoyennes de grande envergure pourraient être organisées. « Nous appelons les jeunes, les femmes, les hommes et toutes les parties prenantes à se mobiliser pour dire non à ce projet et oui à un environnement sain pour tous », a déclaré Maître Barnabé Mufungizi Cinamula, membre du mouvement.

Irengé Munganga Jean Paul