Kamanyola : la CMDGL alerte sur les dangers des réseaux sociaux pour la cohésion sociale
📸 © Le Courrier de Bukavu / Rédaction Sud-Kivu
L’utilisation irresponsable des réseaux sociaux menace la cohésion sociale et le vivre-ensemble dans la plaine de la Ruzizi. Face à la propagation des discours de haine, des fausses informations et des images manipulées, la Confédération Monde de Dialogue Grands Lacs (CMDGL) appelle les internautes à faire preuve de responsabilité, particulièrement dans le contexte actuel de crise sécuritaire.
Depuis plusieurs mois, la plaine de la Ruzizi, notamment la cité de Kamanyola, fait face à des tensions sécuritaires persistantes, marquées par des déplacements de populations, une méfiance communautaire et la circulation de rumeurs.
Dans ce contexte fragile, les réseaux sociaux, initialement conçus pour faciliter la communication et le partage d’informations, deviennent parfois des vecteurs de désinformation et de division.
C’est le constat dressé par la CMDGL, une structure communautaire engagée dans la médiation, la défense des droits humains et la promotion du vivre-ensemble dans la région des Grands Lacs.
Contacté par votre magazine ce mercredi 28 octobre 2026, le coordinateur de cette organisation, Théo Mulungulungu, dénonce la circulation incontrôlée des discours de haine, des fausses nouvelles et des contenus manipulés sur des plateformes telles que Facebook, WhatsApp et TikTok.
« Les réseaux sociaux facilitent la circulation des messages de haine et de la désinformation sans la moindre régulation, à l’avantage des tireurs de ficelles », déplore-t-il.
Selon la CMDGL, certains acteurs mal intentionnés exploitent les émotions et la crédulité des internautes pour attiser les tensions intercommunautaires et fragiliser la cohabitation pacifique entre les populations affectées par la crise.
L’organisation déplore également la circulation d’images truquées, parfois générées par l’intelligence artificielle, et sorties de leur contexte, dans le but de favoriser un camp au détriment d’un autre.
Ces contenus peuvent présenter de fausses scènes de violence, de prétendues victoires militaires ou encore de fausses déclarations attribuées à des leaders communautaires. Leur propagation risque d’alimenter la confusion, d’accentuer la méfiance et de compromettre les efforts de paix et de réconciliation.
Toutefois, Théo Mulungulungu rappelle que les réseaux sociaux ne sont pas mauvais en soi. Ils constituent des outils importants pour l’alerte rapide, la solidarité et la diffusion d’informations, notamment au sein des communautés isolées.
Pour la CMDGL, l’enjeu est donc de promouvoir un usage responsable de ces plateformes, particulièrement en période de crise, en vérifiant les informations avant de les partager et en évitant la diffusion de contenus susceptibles d’attiser la haine et les divisions.
Dans une région déjà éprouvée par l’insécurité, la responsabilité numérique apparaît ainsi comme un élément essentiel à la préservation de la cohésion sociale et au renforcement du vivre-ensemble.
Wende Joés
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