Il est sous les feux de la rampe depuis le 4 mars 2026 après sa conférence de presse au cours de laquelle des sujets d’actualités ont été passés au crible par l’autorité statutaire de l’Alliance des forces démocratiques du Congo et Alliés(AFDC-A), Modeste Bahati Lukwebo. Si des commentaires sur la situation économique du pays ou encore la « victoire » diplomatique du président Felix Tshisekedi ont constitué l’essentiel de la communication du sénateur, c’est son point de vue sur la révision de la constitution qui a donné lieu à une levée de boucliers au sein de sa famille politique: faucons et colombes s’affrontent à coups de flèches acérées.
De héros à « traitre »
« Le pays n’a pas de problème avec la constitution, il a un problème d’hommes » a déclaré le 2ème vice- président du sénat prenant à contre-pieds parfait les irréductibles apparatchiks du régime en place dont la volonté de revoir voire de changer la constitution ne fait plus mystère afin de permettre au président Tshisekedi de briguer un troisième mandat. La position clairement exprimée par l’élu de Bukavu a été accueillie par des tonnerres d’applaudissements au sein de l’opinion publique à Bukavu qui a jubilé et encouragé l’honorable MBL à garder le cap. Des réactions ont fusé de partout affublant Lukwebo de titre de « héros » , « l’homme qui a osé défier ce régime au relent autocratique ». D’autres sont allés un peu plus loin qualifiant MBL « d’un homme qui est fidèles à ses convictions et qui reste droit dans ses bottes ». Le concert de louanges a fait salle comble car beaucoup ici se souviennent encore de la déchéance de Vital Kamerhe du perchoir de l’assemblée nationale. L’autre élu de Bukavu avait payé ses déclarations qui se « démarquent de la vision du Chef de l’Etat ».
C’est devenu le modus operandi du régime: toute voix discordante dans la famille doit être réduite au silence et des poursuites judiciaires fabriquées de toutes pièces activées. Au sein de l’Union sacrée de la nation, la déclaration de Lukwebo a provoqué une volée de bois verts d’une rare violence , certains estimant que l’élu de Bukavu a manqué du respect au président Tshisekedi sans pour autant prouver leurs accusations. D’autres comme Steve Mbikayi, à travers des tweets s’en est pris violemment à son ancien camarade le qualifiant de traitre. Rapidement une motion de défiance a été initiée et dans la foulée le bureau du sénat s’est fendu d’un communiqué qui lui aussi à demi-mots désignait Lukwebo comme seul coupable.
Menacé par ses pairs, Modeste Bahati Lukwebo a présenté ses excuses et a réaffirmé sa loyauté au président Felix Tshisekedi. Le retropédalage qui laisse pantois nombre de ses admirateurs. Entre garder sa position clairement exprimée lors de la conférence de presse et encaisser les coups de semonce émanant de l’UDPS et sa mosaïque, Modeste Bahati Lukwebo s’est trouvé face à un choix cornélien, disent ses proches. Comme un enfant au bout d’une route » Fallait-il prendre à gauche ou à droite ou bien rester là jusqu’au soir?
Désiré KYAKWIMA

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