Dans un rapport de la division provinciale de la santé du Nord-Kivu du 30 janvier 2025 sur la situation sanitaire à Goma, peut-on y lire qu’un total de 2880 blessés ont été enregistrés dans différentes structures de soins de la place du 26 au 30 janvier 2025.
La situation à Nyiragongo est sous monitorage et l’équipe aurait reçu des instructions de ne pas référer les blessés vers Goma, plutôt de les envoyer à Rutshuru. On note que d’autres blessés restent dans des domiciles et ont besoin d’être évacués.
Au moins 773 décès dont les corps sont entassés dans les morgues avec les capacités largement dépassées.

Les frigos mortuaires de ces morgues fonctionnent grâce aux groupes électrogènes 24h sur 24 mais l’insuffisance du carburant pour alimenter ces groupes électrogènes se présente comme un défi.
Dans ce rapport, le cumul des blessés depuis le début de la crise (mars 2024) est signalé à 5949 blessés.
Quant à la variole de singe (Mpox), la division provinciale de la santé du Nord-Kivu signale que 143 malades confirmés étaient isolés dans différents centres de traitement Mpox de 3 zones de santé en crise, dont seuls 15 sont encore dans l’isolement. 128 autres malades se sont évadés des sites d’isolement qui pour certains ont été complètement pillés.
Comme actions réponses face à la situation, la DPS parle de la tenue de la première réunion de crise entre la DPS et les différents partenaires, évaluation de la capacité d’appui d’urgence des partenaires, la dotation de l’UNICEF en Kits basiques tels que des antipaludéens, kit obstétrical, kit chirurgical…
Également la dotation par l’OMS de 60 matelas à l’hôpital provincial du Nord Kivu, le déploiement des équipes EDS appuyées par le CICR pour le ramassage des corps dans la communauté. La prise en charge des cas de blessés dans les établissements de soins de santé, l’évaluation des capacités des structures de prise en charge de blessés et estimation des besoins (en cours), l’identification des corps au niveau des morgues et la production du Sitrep.
Dans ce rapport, de nombreux défis auxquels la DPS s’est heurtée sont signalés. Entre-autres l’accès limité aux zones d’intervention, rupture en médicaments et autres intrants, rupture en produits sanguins, pillage des entrepôts et des établissements de soins, pillage de la logistique médicale et non médicale du CICR et MSFr, pénurie d’eau et électricité, refus de malades blessés militaires, insuffisance des moyens logistiques.
La DPS signale également l’insuffisance des ambulances, manque de sacs mortuaires, l’nsuffisance d’équipes des chirurgiens/ traumatologues, chirurgiens maxillo-faciaux et anesthésistes réanimateurs.
La situation à Goma nécessite l’accompagnement et l’intervention des humanitaires ainsi que la communauté internationale.
Jack KAMIKELE