Les violences sexuelles et celles basées sur le genre ne cessent de se produire en province du Sud-Kivu et particulièrement dans les milieux ruraux.
Dans un communiqué de presse rendu public par l’Association des Femmes des Médias (AFEM), ce vendredi 6 décembre 2024 à Bukavu, les informations sur les cas d’incidents des violences sexuelles et celles basées sur le genre dont sont victime les femmes et les jeunes filles dans différents territoires de la province du Sud-Kivu.
Ces données qui ont été récolté par les points focaux de Afem pendant la période de Janvier à Novembre 2024 font état de plus de 40 cas de violences sexuelles et basées sur le genre à l’égard des femmes et jeunes filles en territoire de Kalehe, Walungu et Mwenga dont 4 cas de viol sur mineur et 1 cas de féminicide.
Sur ce chiffre s’ajoute également 5 cas des femmes tuées dont 2 cas par balles et trois par torture et par justice populaire, des cas répertoriés principalement à Luhwindja dans le territoire de Mwenga.
« Au cours du même mois d’octobre, le noyau club de Afem à Mushinga à Walungu a documenté 23 cas des femmes accusées de sorcières. Ces dernières ont subi un traitement inhumain et dégradant avant d’être chassées de leurs villages. Elles vivent en clandestinité, loin de leurs familles et sans espoirs de retourner par peur de représailles » a déclaré Nelly ADIDJA, cheffe des programmes de AFEM.
D’après ce rapport, la consommation des boissons fortement alcoolisées par les jeunes et les pratiques sociaux culturelles seraient à la base de la persistance de ces cas dans ces régions.
Pour barrer la route à ce fléau qui met en danger la vie des femmes et jeunes filles, AFEM recommande aux autorités locales de Kalehe, Mushinga et Luhwinja, à la police congolaise et aux FARDC de faire appliquer la loi sur la répression des cas de violences sexuelles à l’égard des femmes dans la communauté conformément à la loi n° 06/018 du 20 juillet 2006 et de protéger les victimes des accusations sorcières en appliquant l’édit provincial interdisant le recours à la justice populaire.
Il faut noter que ce rapport a été élaborer dans le cadre du projet de prevention et lutte contre les violences sexuelles et basées sur le genre à travers les activités de mobilisation communautaires des NCE et la campagne Tamar dans la province du Sud-Kivu, projet soutenu financièrement par Norwegian Church Aid « NCA ».

Patrick MAKIRO