L’ambiance était électrique ce mercredi 25 juin 2025 sur le campus de Karhale, en commune de Kadutu.
Sifflets, pancartes brandies, slogans scandés à haute voix, les étudiants de première année de doctorat en Médecine à l’Université Officielle de Bukavu (UOB) ont fait entendre leur colère dans une manifestation vibrante contre ce qu’ils qualifient de hausse « arbitraire et injustifiée » des frais académiques.
Partis de la Clinique universitaire de Bukavu, les manifestants, visiblement indignés, ont défilé jusqu’au campus, dénonçant la récente décision des autorités académiques de faire grimper les frais de scolarité de 540 à 700 dollars américains, une majoration qu’ils jugent inacceptable en pleine crise socio-économique caractérisée par la fermeture des banques et institutions de microfinance.
« C’est une trahison envers les espoirs de toute une jeunesse et les sacrifices des familles. Comment comprendre que les autorités académiques peuvent soudainement hausser les frais académiques en cette période. Trop c’est trop» s’est indigné dans un ton ferme un des étudiants retrouvé sur le lieu.
Les manifestants ont dénoncé un système qui, selon eux, étouffe les rêves des jeunes issus de familles modestes, au lieu de les soutenir.
Pour nombre d’entre eux, cette augmentation risque d’exclure de nombreux apprenants, dont les parents, déjà fragilisés par la conjoncture actuelle, peinent à assurer la prise en charge scolaire.
Face à cette situation, les étudiants exigent le retour aux anciens frais fixés en début d’année, sous peine de durcir leur mouvement de contestation.
« Tant qu’aucune solution concrète ne sera apportée, nous ne cesserons pas de manifester », préviennent-ils.
De leur côté, les autorités académiques de l’UOB gardent un silence prudent, tout en indiquant qu’une réunion d’urgence serait prévue avec les instances compétentes afin de désamorcer la crise et garantir la poursuite sereine de l’année académique.
Patrick MAKIRO