Depuis le début de l’année 2025, la province du Sud-Kivu fait face à une recrudescence des maladies liées au manque d’hygiène des mains. Selon les données communiquées par la Division Provinciale de la Santé (DPS), plus de 7 318 cas ont été enregistrés, dont 41 décès. Le taux de létalité a grimpé à 14 %, un niveau jugé alarmant par les autorités sanitaires.
La zone de santé de Katana demeure l’épicentre de l’épidémie avec 1 674 cas et 4 décès, dont un enregistré cette semaine. Elle est suivie par Uvira (1 301 cas), Minova (899 cas), Ruzizi (819 cas et 15 décès), ainsi que la ville de Bukavu , particulièrement la commune d’Ibanda qui comptabilise 558 cas, sans décès. Le foyer le plus actif se situe actuellement dans la carrière minière de Lomera, à Luhihi (Katana).
Face à cette situation, la DPS assure prendre en charge gratuitement les patients, avec l’appui des partenaires et des zones de santé, tout en intensifiant les actions de sensibilisation communautaire. Les maladies des « mains sales » touchent principalement les enfants de moins de 5 ans. Chaque année dans le monde, 400 000 enfants et 30 000 femmes meurent d’infections liées au manque d’hygiène des mains.
Le lavage régulier des mains avec de l’eau propre et du savon reste la première mesure de prévention. Ce geste simple permet d’éviter la transmission des diarrhées aiguës, du choléra et d’autres maladies gastro-intestinales pouvant entraîner une déshydratation sévère et la mort. Les mains peuvent également contaminer aliments et boissons lors de leur préparation ou leur consommation.
« C’est une situation aggravée par la pénurie d’eau à Bukavu mais aussi par le relâchement des mesures barrières autrefois observées contre Ebola et la COVID-19. Avec cette baisse de vigilance, les cas de choléra ont flambé et nous faisons face à un défi majeur », alerte Dr Guy Mulinganya, médecin directeur de l’HPGRB.
À cela s’ajoutent les défis sécuritaires qui entravent les activités de sensibilisation dans plusieurs zones de la province. Cependant, l’adoption de bonnes pratiques d’hygiène demeure indispensable pour contrôler durablement cette flambée. À Bukavu, la présence d’aliments déposés à même le sol dans des marchés comme Feu Rouge ou Nyawera favorise la propagation des germes. Plusieurs habitants saluent ainsi la récente suppression des marchés pirates par les autorités locales.
Jordan Burume (Stagiaire)

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