Une soixantaine d’acteurs communautaires, répartis en deux groupes et issus des confessions religieuses, des organisations de la société civile, des mouvements de jeunesse ainsi que des différentes communautés locales, prennent part à un dialogue communautaire consacré à la consolidation de la paix, de la cohésion sociale et de la santé mentale.
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par la crise sécuritaire qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo, particulièrement la plaine de la Ruzizi. Pendant deux jours, les participants analyseront les principaux conflits qui affectent la cité de Kamanyola, leurs causes et leurs conséquences, tireront des leçons des expériences vécues et proposeront des pistes de solutions susceptibles de favoriser un vivre-ensemble durable.
Au cours de la première journée, les échanges ont principalement porté sur les conflits opposant les éleveurs aux agriculteurs ainsi que sur les phénomènes de stigmatisation au sein de la communauté. Les participants ont notamment dénoncé les accusations de sorcellerie qui continuent de toucher plusieurs familles.

Ces pratiques entraînent de lourdes conséquences, notamment la destruction des habitations, des pertes en vies humaines, des pertes de biens, la détérioration de la réputation des personnes accusées, ainsi que des déplacements forcés de nombreuses familles vivant désormais sous la menace.
Les participants ont également relevé la recrudescence des conflits entre éleveurs et agriculteurs, aggravés par la période de transhumance et les mouvements massifs de populations en provenance de la plaine de la Ruzizi vers Kamanyola. Une situation qui exerce une pression supplémentaire sur la cohésion sociale et la cohabitation pacifique.
À l’issue de cette première journée de réflexion, plusieurs recommandations ont été formulées afin de promouvoir une paix durable, renforcer la cohésion sociale et améliorer la santé mentale des communautés. Parmi les principales figurent la promotion d’une culture de paix à partir de l’individu, de la famille et de la communauté, ainsi que le renforcement des activités de sensibilisation communautaire.
Ces assises se tiennent à l’Hôtel de la Plaine, à Kamanyola, dans le cadre du projet « Pokea Ujuzi na Upone », mis en œuvre par Renaissance Africaine (RENAF) et le Réseau des Associations Congolaises des Jeunes (RACOJ), avec l’appui technique et financier d’Umpunity Watch et de l’Union européenne.
Wendo Joés

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