À Bukavu, la prolifération des boissons en canettes et en bouteilles plastiques à forte teneur en alcool suscite une vive inquiétude au sein de la communauté. Très populaires auprès des jeunes, ces produits gagnent du terrain dans plusieurs quartiers de la ville, au grand désarroi des parents et éducateurs.

Selon plusieurs observateurs, ces boissons proviennent majoritairement de l’étranger. Parmi elles, des marques importées de Belgique – notamment « OJ » affichant 20 % d’alcool – ou encore de l’Ukraine, avec « RAMBO NOIR » et « GOLD », titrant respectivement 16 et 18 %. Sur certains emballages, figure la mention « Only for export » ainsi que « bière extra forte ».

À celles-ci s’ajoutent de nombreuses boissons locales fortement alcoolisées, mais aussi des produits de contrebande en provenance de l’Ouganda, dont la dangerosité est tout aussi préoccupante.

Faciles d’accès et bon marché, ces boissons se consomment souvent en groupe dans des boutiques et lieux discrets, surtout dans les quartiers populaires.
« Une seule canette suffit pour s’enivrer en quelques minutes », témoigne un consommateur rencontré à Irambu.

Dans certains quartiers, l’impact social devient de plus en plus visible.
« Ces boissons constituent un grand danger. Des voleurs et malfaiteurs passent leurs journées à en boire puis terrorisent la population la nuit », déplore un habitant de Panzi.

Des conducteurs de motos ainsi que des élèves en uniforme seraient également parmi les consommateurs, alerte une source locale.

Pour de nombreux parents, le constat est alarmant.
« Ces boissons détruisent nos enfants en silence et menacent toute la communauté », regrette un parent de Pageco. Les conséquences se multiplient : violences, vols, viols, troubles du comportement, échecs scolaires…

Un autre parent du quartier Athénée d’Ibanda rapporte même des cas de décès nocturnes de jeunes retrouvés morts au petit matin, après avoir consommé ces produits.

Face à cette situation, la communauté appelle à une réaction rapide des autorités. L’interdiction de la vente de ces boissons aux jeunes, le contrôle strict des points de distribution ainsi que des sanctions contre les vendeurs sont vivement recommandés. Les parents sont également invités à renforcer la communication et la surveillance de leurs enfants, tandis que les leaders de quartiers devraient accentuer la sensibilisation communautaire.

Pour les jeunes, l’appel est clair : se protéger et protéger leur avenir.

La rédaction