Des enseignants congolais réfugiés au Burundi, installés notamment dans le camp de Kishemere ainsi qu’à Rugombo, dans la province de Cibitoke, tirent la sonnette d’alarme face à ce qu’ils qualifient de manœuvres visant à les remplacer dans leurs écoles d’origine en République démocratique du Congo.

Selon ces professionnels de l’enseignement, certains gestionnaires d’écoles les considèrent comme des « déserteurs » afin de justifier leur remplacement par des membres de leurs familles ou de leurs proches. Exilés depuis février 2025 à la suite de la progression des éléments de l’AFC-M23 au Sud-Kivu, ces enseignants affirment vivre dans des conditions socio-économiques très difficiles. Ils disent se sentir abandonnés depuis leur arrivée au Burundi et craignent désormais de perdre définitivement leurs postes dans les établissements scolaires où ils exerçaient avant leur départ forcé. Cette question a été au centre d’une assemblée générale organisée ce dimanche 5 avril 2026 au centre scolaire de Rugombo.

Réunis pour évaluer leur situation socio-humanitaire, les enseignants ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une violation des instructions du service chargé du contrôle et de la paie des enseignants, lequel aurait interdit aux chefs d’établissements de procéder au remplacement des enseignants contraints à l’exil. Selon Ahadi Bulonde Mbaka, président territorial du Syndicat des enseignants de carrière (SEC), plusieurs enseignants exilés feraient également l’objet de menaces et d’intimidations. Il souligne que ces derniers restent dans l’impossibilité de regagner la RDC, notamment en raison de l’insécurité persistante et des difficultés d’accès via la rivière Ruzizi.

Face à cette situation, le responsable syndical appelle le ministre national de l’Éducation à s’impliquer rapidement dans ce dossier. Il demande également au caucus des députés nationaux du Sud-Kivu de porter le plaidoyer en faveur de ces enseignants déplacés, afin de préserver leurs droits professionnels et leur garantir une réintégration une fois les conditions de sécurité réunies.

Wendo Joès