Dans le but de promouvoir le leadership féminin et l’autonomisation des jeunes filles vulnérables et autres désœuvrées l’Association sans but Lucratif « MUKAZI » (femme en mashi) a mis en place un programme de formation professionnelle pour l’apprentissage des métiers y compris le crochetage. Pour la présidente du Conseil d’Administration de cette organisation, Madame Mamy WEMA, le choix du crochetage se justifie tout simplement par le souci de lutter contre le chômage et l’oisiveté à travers l’encadrement des jeunes qui n’ont pas eu la chance de poursuivre les études ou d’accéder facilement à un emploi. Grâce à la première phase ou cohorte, des jeunes filles et garçons formés depuis quelques mois gagnent un tant soit peu leurs vies en réalisant des merveilles grâce au crochet : Il s’agit entre autres des vêtements des différents modèles de tous âges pour hommes, femmes et enfants, écharpes, sacs, nappes, poupées, porte-stylos etc à l’aide du crochet.

Pourquoi le crochet et quels sont ses avantages?
Les études ont démontré que les crochets ont un effet thérapeutique. C’est une activité qui appelle à la concentration et méditation de ce fait, elle aide à baisser la tension artérielle, à lutter contre l’isolement. Les crochets réduisent les stresses, renforcent l’estime de soi et rapprochent les individus.
« Les crochets ont beaucoup d’avantages, d’abord sur le plan émotionnel et sur le plan mental. Quand on est en train de crocheter, c’est un métier qui vous rend heureux. C’est un métier qui renforce l’estime, mais aussi la sensation du bien-être. C’est un métier qui change l’esprit, comme toute autre activité créative, parce que quand vous êtes en train de crocheter, c’est une création que vous êtes en train de faire. En même temps, les crochets et le tricotage nous permettent de renforcer l’imagination. Le fait de commencer une œuvre jusqu’à ce que vous la terminiez, c’est vraiment de l’imagination en imagination. » a expliqué Mme Mamy WEMA.
Cependant tout n’est pas rose chez Mukazi malgré sa bonne volonté
MUKAZI fait face à des défis .Le contexte sécuritaire actuel et ses conséquences ont affecté ses activités raison pour laquelle elle n’a pas encore organisé la deuxième cohorte .L’accès aux intrants pose problème car certains matériels comme les fils et autres accessoires sont à importer de l’étranger. Avec le manque d’appui extérieur, MUKAZI travaille avec les moyens du bord. L’autre défi est au niveau des certains acheteurs qui veulent rabattre le prix ne tenant pas compte du coût de production qui implique la qualité des produits (fils, aiguilles…) l’énergie et le temps.
Des recommandations
L’Asbl MUKAZI recommande aux bénéficiaires à toujours prendre au sérieux ce travail qui leur procure le pain quotidien
Je recommande aux bénéficiaires à maitriser les coûts de production afin de tirer profit de leur travail, de bien développer les relations avec leurs clients en maintenant toujours la qualité des œuvres, a renchéri Mamy WEMA.
Mukazi recommande aux autorités et aux organisations internationales d’accompagner cette initiative qui vise à lutter contre le chômage et l’oisiveté qui sont souvent à la base des vices dans les communautés.
Il sied de signaler qu’avant de démarrer la formation professionnelle, cette organisation a mené des enquêtes dans les communautés pour identifier les bénéficiaires et les particularités de chaque catégorie afin d’adapter les enseignements.
Nelly ADIDJA