L’Organisation des Personnes Affectées par la Lèpre au Congo (OPALCO), en partenariat avec la Mission contre la Lèpre (TLM) et la Zone de Santé rurale d’Idjwi, a organisé une session de renforcement des capacités sur la lutte contre la lèpre à l’intention des leaders communautaires de l’île d’Idjwi. Cette formation réunit notamment des responsables du secteur éducatif, des représentants des confessions religieuses, des organisations féminines, des associations de développement, des motocyclistes ainsi que des jeunes et femmes leaders. Les travaux se déroulent dans la grande salle Saint Michael de la paroisse Sainte-Marie Médiatrice de Kashofu.

Idjwi : Les Leaders communautaires outillés pour intensifier la lutte contre la lèpre

L’objectif de cette rencontre est d’améliorer les connaissances des participants sur la lèpre, notamment son origine, ses modes de transmission, les moyens de prévention, les options de traitement ainsi que les stratégies de sensibilisation communautaire en vue de contribuer à son élimination. À l’ouverture de l’atelier, le représentant d’OPALCO, François Ndakalalwa, a souligné la nécessité de combattre les préjugés et la stigmatisation qui entourent encore cette maladie.

 

« La lèpre est une maladie qui se soigne. Malheureusement, la stigmatisation continue d’empêcher certaines personnes affectées de se faire dépister et traiter à temps. Notre mission est de sensibiliser la population afin que personne ne soit exclu ou discriminé à cause de cette maladie », a-t-il déclaré. De son côté, le facilitateur communautaire de TLM, Christian Okonkwa, a insisté sur le rôle crucial des relais communautaires dans la détection précoce des cas.

 

« La lutte contre la lèpre ne peut être menée uniquement par les structures sanitaires. Nous avons besoin de l’implication des leaders religieux, des enseignants, des associations locales et de tous les acteurs communautaires pour diffuser les bonnes informations et orienter rapidement les personnes présentant des signes suspects vers les centres de santé », a-t-il expliqué. Au cours des échanges, les participants ont abordé les manifestations de la maladie, les fausses croyances encore répandues dans certaines communautés ainsi que les approches les plus efficaces pour sensibiliser les populations rurales. Pour la Zone de Santé d’Idjwi, cette formation constitue une étape importante dans les efforts de prévention et de prise en charge de la lèpre.

 

« Grâce au dépistage précoce et à la disponibilité du traitement, la lèpre peut être guérie sans laisser de séquelles graves. Nous encourageons la population à consulter rapidement les structures sanitaires dès l’apparition des premiers signes et à bannir toute forme de stigmatisation envers les personnes affectées », a indiqué Aimé Nkemba, représentant de la Zone de Santé d’Idjwi. À l’issue de cette rencontre, les participants se sont engagés à devenir des ambassadeurs de la lutte contre la lèpre au sein de leurs villages, écoles, églises et associations respectives. Leur mission consistera à sensibiliser davantage les communautés sur les causes de la maladie, les moyens de prévention et l’importance du dépistage précoce.

 

À travers cette initiative, OPALCO, TLM et la Zone de Santé d’Idjwi entendent renforcer la mobilisation communautaire afin de réduire les nouveaux cas de lèpre et contribuer à l’élimination de cette maladie, qui demeure encore un défi de santé publique dans certaines régions de la République démocratique du Congo.

 

Albert Cinyabuguma