Depuis la matinée de ce dimanche 18 janvier 2026, la cité de Kamanyola, en territoire de Walungu (Sud-Kivu), fait face à un afflux massif de déplacés de guerre en provenance de la ville d’Uvira. Des centaines de personnes, hommes, femmes et enfants, ont commencé à arriver dans cette cité qu’ils jugent relativement stable sur le plan sécuritaire. Selon plusieurs déplacés interrogés par Radio Maendeleo, cette fuite est consécutive au retrait des éléments de l’AFC/M23, intervenu dans la nuit du samedi au dimanche à Uvira.

Ces déplacés disent craindre pour leur sécurité, redoutant de possibles attaques de représailles qui pourraient être menées par la coalition des Wazalendo et les FARDC contre des personnes soupçonnées de collaboration avec l’AFC/M23, depuis l’arrivée de ce mouvement à Uvira en décembre dernier.

Toute la journée de ce dimanche, plusieurs convois de véhicules et de motos ont assuré la navette sur l’axe Uvira–Kamanyola. Certains déplacés ont emprunté la route de Ngomo, passant par les escarpements pour atteindre Nyangezi et Bukavu, tandis que d’autres sont passés par le Rwanda. Une grande partie des déplacés est toutefois restée à Kamanyola.

Sur place, les conditions d’accueil demeurent précaires. Plusieurs déplacés sont entassés dans le bâtiment de l’ancien bloc administratif du groupement, d’autres dans des anciens locaux de la police et de l’ANR, dans des salles de classe, ou encore hébergés par des familles d’accueil, sans aucune assistance humanitaire.

Les personnes rencontrées affirment avoir passé la nuit à même le sol, pour la plupart à l’extérieur, exposées aux intempéries, sans nourriture ni soutien.
Entre-temps, le trafic routier est resté opérationnel sur la Route nationale numéro 5, reliant Kamanyola – Uvira – Bukavu, même si seuls quelques véhicules et minibus ont quitté Kamanyola en direction d’Uvira.

Wendo