Carnet de voyage de Yves Rudahindw
Dans le Sud-Kivu, cette province située dans la partie orientale de la République Démocratique du Congo, rouler sur certaines routes relève parfois d’une prouesse digne d’acrobates. Des routes sinueuses, dans un piteux état où quasi plus inexistantes. Je vous amène pour cette épisode premier, en Chefferie de Buloho, à Bunyakiri, Territoire de Kalehe sur la Route Bukavu – Hombo – Kisangani. Nous sommes sur les terres des tribus Batembo et bahavu. Pour s’y engager, il faut avoir des nerfs d’acier! Déjà à l’entame du Parc National on a tendance à se faire des espoirs au regard des travaux qui s’y réalisent jusqu’à Tshivanga. Ici des ouvrages d’art sont en cours de construction en attendant la modernisation de la chaussée par une firme Sud-africaine qui a contracté avec le Gouvernement congolais avec l’appui de ses partenaires multilatéraux. Mais une fois à Bitale, juste après le parc, Patatra! Pour parcourir les quelques kilomètres avant d’atteindre Bulambika, c’est un véritable calvaire. Et une fois sur place, fini le voyage. Vous êtes donc prié d’abandonner tout véhicule. Bienvenue au royaume des bourbiers, Farwest où peut-être la moto reste le seul moyen de déplacement.

Mais dans quelles conditions! Et pourtant ! Et pourtant en roulant quelques kilomètres seulement, deux ou trois à peine, vous vous retrouvez sur les restes d’une chaussée jadis macadamisée qui rappelle les moments où il était encore possible de relier Bukavu à Kisangani en passant par Walikale dans le Nord-Kivu voisin. Aujourd’hui, cela n’est malheureusement qu’un vieux souvenir. Comme partout en République Démocratique du Congo, le réseau routier est quasi inexistant. Aujourd’hui, le seul moyen de relier les grands centres reste la voie aérienne qui elle aussi souffre des grands maux, la compagnie nationale Congo Airways étant aussi sur le point de mettre la clé sous le paillasson faute d’aéronefs et sans compter également la vétusté des infrastructures aéroportuaires. Qui pour sortir le pays de ce gouffre? En attendant, nous retenons notre souffle et nous n’avons que nos yeux pour pleurer….
Carnet de voyage de Yves Rudahindwa