Une vive tension a régné ce lundi 2 février 2026 dans le territoire de Shabunda, où des cas présumés de vols d’organes génitaux ont été signalés dans plusieurs localités, entraînant des actes de justice populaire. Le bilan fait état de trois présumés auteurs, dont deux tués, parmi lesquels un brûlé vif, et un autre arrêté puis placé au cachot de la Police nationale congolaise (PNC).

Le cas le plus grave s’est produit à Katchungu, un village situé à environ 50 kilomètres du centre de Shabunda, dans le groupement de Bamuguba Nord, chefferie des Bakisi. Un homme y a été lynché puis brûlé par la population, accusé d’être impliqué dans des vols d’appareils génitaux masculins, qui se produiraient après un simple contact corporel avec les victimes.

Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, la victime de la vindicte populaire serait originaire du Kasaï, de la tribu Songye. Il aurait été trouvé en possession de deux petits récipients contenant une substance assimilée à des cendres noires, considérées par la population comme des objets mystiques ou des gris-gris. C’est après avoir été surpris lors d’une nouvelle tentative présumée sur un jeune homme qu’il aurait été maîtrisé, violemment tabassé, puis brûlé.

Des sources locales indiquent que ces faits se seraient déroulés sous le regard impuissant des éléments de la PNC et des Wazalendo, présents dans la zone mais débordés par la colère populaire.
Un cas similaire a été signalé le même jour à Luza, localité située à environ 7 kilomètres de Katchungu, où un autre présumé voleur d’organes génitaux a également été tué par la population.

Par ailleurs, à Shabunda-centre, un troisième suspect a été interpellé vivant et acheminé au cachot de la PNC, où une enquête a été ouverte afin d’établir les responsabilités et vérifier les accusations portées contre lui. Ces événements relancent le débat sur la justice populaire, la psychose liée aux croyances mystiques, ainsi que sur la capacité des services de sécurité à protéger la population et les suspects, tout en appelant au respect des droits humains et à la primauté de la justice légale.

Papy Mulingati