La ville de Baraka est devenue, depuis quelques jours, le nouveau siège provisoire de l’administration provinciale du Sud-Kivu. Après la prise d’Uvira par les éléments de l’AFC/M23 et de leurs alliés, les autorités provinciales ont quitté cette cité stratégique de la plaine de la Ruzizi pour se replier dans cette localité du territoire de Fizi, située à plus de 100 kilomètres au sud le long de la RN5.
Dans son premier communiqué officiel publié depuis Baraka, le 10 décembre 2025, le gouvernement provincial dresse un tableau humanitaire et sécuritaire alarmant. Il fait état d’au moins 413 civils tués à Katogota, dans le territoire d’Uvira, dont de nombreuses femmes et des enfants, lors des violents affrontements récents.
Le communiqué dénonce également de graves violations des droits humains, ainsi que plusieurs atteintes au cessez-le-feu conclu quelques jours plus tôt.
Les autorités confirment par ailleurs la présence d’éléments de l’AFC/M23 et de mercenaires étrangers dans plusieurs localités du territoire d’Uvira. Selon elles, ces forces contribuent à l’escalade des combats dans la région.
La chute d’Uvira a provoqué un mouvement massif de populations. Plus de 200 000 personnes déplacées internes ont été enregistrées dans le territoire de Fizi et dans d’autres zones jugées plus sûres. Les besoins humanitaires ;abris, nourriture, soins d’urgence, eau potable restent immenses.
Alors que les combats se poursuivent dans les Hauts et Moyens Plateaux, l’exécutif provincial affirme suivre la situation depuis Baraka et appelle à une intervention urgente pour protéger les civils et stabiliser la région.
Cependant, une question institutionnelle majeure demeure : où siégera désormais l’Assemblée provinciale du Sud-Kivu ?
La session budgétaire de septembre n’ayant pas été clôturée, plusieurs dossiers administratifs et financiers restent en suspens.
À ce jour, aucune communication officielle n’a été faite au sujet du lieu où les députés provinciaux pourront se réunir ni sur la reprise des travaux parlementaires. Cette incertitude institutionnelle vient s’ajouter à une crise sécuritaire déjà profonde.
Patrick Makiro