La situation humanitaire des déplacés internes vivant à Uvira au Sud-kivu dans la partie orientale de la République Démocratique du Congo reste critique et exige des mesures urgentes pour protéger les populations vulnérables.
Le Mouvement Citoyen Machozi ya Raiya (MCMR-RDC) a appelé samedi à une action immédiate et soutenue pour répondre à la grave crise humanitaire qui affecte les déplacés de guerre ayant fui les hostilités à Goma dans le Nord Kivu et à Bukavu ainsi que dans les hauts et moyens plateaux d’Uvira et Fizi dans le Sud-kivu.
Dans un point de presse tenu le 20 septembre, en guise de restitution des consultations populaires organisées par la délégation gouvernementale venue récemment de Kinshasa, le coordonnateur national du MCMR-RDC M. Dunia Amisi Anwema, a alerté l’opinion nationale et internationale sur la dégradation des conditions humanitaires que vivent les personnes déplacées par les violences armées. Cette situation tend à devenir l’une des crises les plus négligées au monde en raison de sa faible visibilité et de l’inaction mondiale que l’on observe.
À Uvira, la situation socio-économique s’est détériorée rapidement. Depuis la prise de Bukavu par les troupes de l’AFC/M23 en février dernier, la ville est restée coupée de ses principales voies d’approvisionnement.
La proximité des lignes de front et la présence d’armes autour du site des déplacés et des maisons d’accueil compromettent considérablement la sécurité des populations.

Pour Dunia Amisi, plus de 50.000 familles parmi lesquelles figurent celles des personnes déplacées de guerre et des sinistrés des inondations dûes au débordement des rivières, à la montée des eaux du Lac Tanganyika et au marais nyangara qui vivent pour les uns dans les familles d’accueil et dans des sites dédiés pour les autres, sont confrontés à la surpopulation, à des problèmes de protection et à une assistance très limitée. L’accès aux ressources essentielles telles que la nourriture, l’eau potable, les abris et les soins de santé reste critique.
Les acteurs de la société civile locale ont, dans un rapport de plaidoyer, remis au Vice-premier ministre, ministre de l’intérieur, sécurité, décentralisation et affaires coutumières, Shabani Lukoo Jacquemin, affirmé que depuis 2022, Uvira accueille des déplacés de guerre venus des zones affectées par les hostilités dans les hauts et moyens plateaux d’autres venus de la partie Est de la République Démocratique du Congo. Selon eux, le silence du Gouvernement congolais face à cette crise humanitaire est une source de désespoir profond pour cette population longtemps meurtrie.
Les autorités provinciales, nationales et les organisations humanitaires doivent, selon ces mêmes acteurs, collaborer pour mettre en œuvre une réponse plus forte et coordonnée. Il s’agit notamment de fournir une aide immédiate aux populations déplacées et d’améliorer l’accès aux services de base.
Par Olivier RAMAZANI Alvin