La question relative à la mise en œuvre du plan de désengagement définitif de l’organisation Médecins Sans Frontières (MSF Hollande) à Uvira dans la Province du Sud-kivu à l’Est de la République Démocratique du Congo a été abordée par Ben Taleb Zied, respectivement coordonnateur du projet d’urgence à MSF Uvira lors d’un café de presse qu’il a animé mercredi 23 juillet 2025 au bureau de cette organisation humanitaire situé à Kimanga non loin du parquet de grande instance en Mairie d’Uvira.
Selon lui, cette décision fait suite à l’atteinte des objectifs médicaux fixés par l’organisation au début de son intervention, en novembre 2024.
« À partir de la fin de ce mois de juillet, MSF ne prendra plus en charge de nouveaux cas des blessés et de choléra à l’Hôpital Général de Référence d’Uvira. Les équipes sur place sont désormais, pleinement équipées et formées, pour assurer une prise en charge autonome. Nous maintiendrons, néanmoins une surveillance épidémiologique et resterons prêts à réagir à toute nouvelle urgence » a rassuré Ben Taleb Zied, coordonnateur du projet d’urgence de MSF à Uvira.

Au cours de ce rendez-vous médiatique, animé d’une part par Ben Taleb Zied et d’autre part par Droh Bouamin, responsable médical à MSF Hollande, plusieurs questions ont été abordées, dont celle de la prise en charge gratuite des malades de choléra, des victimes de violence sexuelle, des blessés liés aux conflits et aux accidents sur la voie publique après le départ de cette organisation d’urgence.
A ce sujet, Ben Taleb Zied, a clairement mentionné que MSF Hollande continue à faire les exploits et prises en charge dans la Province du Sud-kivu. Ben Taleb, reconnaît par ailleurs qu’il y a encore des besoins à Uvira qui nécessitent de soutien mais, rappelle à l’opinion que MSF ne joue que le rôle de soutien et du support au ministère de la santé de la RDC.
Et de renchérir, la province du Sud-Kivu a été le théâtre d’affrontements récents qui ont gravement impacté les communautés, créant une fracture béante entre Bukavu et Uvira et entraînant le déplacement des milliers de personnes. Depuis février, Uvira est devenue un refuge pour plus de 250 000 personnes déplacées.
En outre, les inondations de mai dans la zone de santé de Nundu ont détruit des infrastructures sanitaires et laissé de nombreuses personnes sans-abri.
Malgré des défis d’accès majeurs, MSF a fourni des soins essentiels à 203 patients blessés par balles et autres traumatismes d’urgence, traité 1626 cas de choléra à Ruzizi, Uvira et Kiliba, et pris en charge 604 survivantes de violences sexuelles à Uvira.
Les difficultés persistantes d’accès au Sud-Kivu, exacerbées par les affrontements, continuent d’isoler des milliers de personnes et d’entraver gravement l’assistance humanitaire. Cette situation entraîne des conséquences désastreuses et complique la tâche des organisations pour fournir une assistance vitale rapide aux populations dans le besoin.
Par Olivier RAMAZANI Alvin