Des tirs nourris ont été entendus en début de la journée de ce mardi 26 août 2025 dans l’agglomération de Kavimvira en Mairie d’Uvira au Sud-kivu.
Cette commune qui abrite provisoirement les institutions provinciales notamment, le Gouvernorat et l’assemblée provinciale du Sud-kivu a été le théâtre d’un accrochage opposant les éléments des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC ) à leurs alliés, les volontaires pour la défense de la patrie communément appelés wazalendo. Cette situation, considérée comme une suite logique de celle qu’a vécu la commune de Mulongwe dans la même ville, a perduré jusque tard dans la nuit.
À la base, le désaccord portait sur le contrôle de la frontière de Kavimvira et de l’entrepôt central de la Direction Générale des Douanes et Accises (DGDA), les Wazalendo s’estimant les mieux indiqués à protéger la frontière que l’armée loyaliste en référence aux récents incidents survenus.
Selon des informations recueillies sur place en attendant une communication officielle, les volontaires pour la défense de la patrie (wazalendo) auraient tenté d’ériger leur barrière et de placer leurs éléments à ces postes afin de contrôler les mouvements d’entrée des personnes en provenance de la République du Burundi via la frontière congolo-burundaise de Kavimvira vers la Ville d’Uvira. Objectif, selon les VDP, limiter les infiltrations des ennemis de la République qui proviendraient du Pays voisin (le Burundi). Les mêmes sources ajoutent que les Forces Armées de la RDC se sont opposées à la manœuvre de leurs alliés, rappelant que ces positions sont uniquement réservées aux services compétents de l’État. Le bilan provisoire fait état de deux morts et des blessés. Aucun chiffre officiel n’a été jusque-là communiqué.
Face à cette situation, les activités ont été paralysées dans la zone: Commerces fermés, services interrompus ainsi que la population en débandade fuyant la panique qui s’est vite installée. Les rues autrefois animées sont désormais désertes dans un silence chargé de tension où seuls les bruits des armes s’imposent à tous. La circulation est quasiment inexistante entre le rond-point Kavimvira et la frontière vers le Burundi.

La goûte d’eau qui a fait déborder le vase ce mardi 26 août était l’interception dans la commune de Mulongwe en Mairie d’Uvira de trois bus ayant la plaque d’immatriculation burundaise et qui transportaient des membres de la communauté banyamulenge en provenance du Burundi et qui se rendaient, selon eux, à Uvira pour assister aux cérémonies funéraires d’un officier militaire des FARDC, le colonel Patrick Gisore et de son épouse, décédés récemment dans le crash d’un avion à Kisangani.
À en croire un communiqué officiel des FARDC qui est tombé tard dans la nuit, cet incident qui est né d’une incompréhension entre les militaires en poste et les éléments Wazalendo en patrouille pédestre a fait 5 morts côté wazalendo et quatre blessés dont un militaire FARDC, un bilan encore provisoire selon le communiqué officiel. Les blessés ont été rapidement évacués vers l’Hôpital Général de Référence, où ils bénéficient de soins appropriés.
À la suite des accrochages renchérit le même communiqué, les unités des FARDC ont procédé à l’arrestation de 14 éléments wazalendo considérés comme incontrôlés. Ceux-ci, selon l’armée, avaient déjà échappé à l’autorité de leurs leaders. Après leur appréhension, ils ont été relâchés et remis à leurs chefs pour recadrage.
L’appel du Commandant secteur.
Face à cet incident, le Commandant du Secteur Opérationnel Sukola 2 Sud Sud-Kivu, le Général de brigade Mwehu Lumbu Evariste, a lancé un appel au calme à la population locale. Il a exhorté les habitants d’Uvira, Fizi et Mwenga à « faire confiance à leur armée » et à vaquer librement à leurs occupations.
De son côté, le porte-parole des opérations, le sous-lieutenant Mbuyi Kalonji Reagan, a déclaré que l’armée ne ménage aucun effort pour remplir ses devoirs régaliens et protéger la population.
Condamnant fermement cette situation qui crée de plus en plus la terreur et le désarroi dans le chef de la population, certains acteurs de la société civile ont appelé les deux parties à privilégier l’unité et l’amour fraternel, rappelant qu’elles font face à un ennemi commun qui n’est autre que les troupes de l’AFC/M23. Pour certains habitants, ces divisions internes risqueraient de fragiliser la défense de la région et d’offrir un couloir aux ennemis de la République de s’infiltrer dans cette ville aujourd’hui considérée comme une entité de résistance contre l’avancée des hommes de Corneille Naanga.
Ces accrochages surviennent dans un climat marqué par la persistance de l’insécurité dans les hauts et moyens plateaux d’Uvira. Les tensions récurrentes entre forces régulières et groupes armés locaux rendent la situation particulièrement sensible dans cette zone frontalière, où l’armée congolaise tente de rétablir l’autorité de l’État.
Depuis la Ville d’Uvira Olivier RAMAZANI Alvin,