Les activités économiques dans la Ville et territoire d’Uvira au Sud-Kivu continuent de tourner au ralenti. Une situation influencée par le conflit armé qui prévaut dans cette partie de la Province. Les opérateurs économiques restent catégoriques dans leurs préalable à la réouverture totale de leurs activités: » jusqu’à ce que la Paix revienne dans la région », disent-ils.
Dans un forum, organisé en présence des centaines de personnes, Samedi 08 Mars par la Mairie d’Uvira sous l’impulsion du Maire ad intérim, Kifara Kapenda Kyk’y avec comme thème : « Les enjeux sécuritaires et de bonne gouvernance d’Uvira face à notre responsabilité», la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) a manifesté son pessimisme face à la réouverture complète des activités économiques dans ce chef-lieu provisoire de la Province.

La FEC bureau d’Uvira, conditionne la réouverture par plusieurs éléments, notamment, la structuration à travers une coordination au tour du Maire de la Ville de toutes les parties prenantes dans la question sécuritaire d’Uvira, la cessation de va- et- vient des éléments Fardc d’une part et des résistants wazalendo, d’autre part, sur des motos avec des armes lourdes.
Mushuka Mugemuzi, secrétaire de la FEC à Uvira, indique par ailleurs que c’est pratiquement impossible pour un opérateur économique digne de ce nom de courir un risque de reprendre ses activités économiques dans un environnement sécuritaire comme celui d’Uvira actuellement où, à chaque minute qui passe, il s’est observé des mouvements des militaires des Forces Armées de la République Démocratique du Congo et des résistants wazalendo, quatre sur une même moto avec des armes de guerre.
« Nous demandons qu’il y ait une seule structure au tour du Maire de la Ville qui va coordonner toutes les parties prenantes dans la question sécuritaire d’Uvira. Celà va nous aider à comprendre par où passer pour atteindre telle ou telle autre personne.» a fait savoir Mushuka Mugemuzi, secrétaire de la FEC.
Depuis le 15 février, date à laquelle, la Ville de Bukavu à été prise par les troupes de l’AFC/M23 jusqu’à présent, cela fait maintenant trois semaines que les banques, coopératives et autres institutions de microfinance, les écoles primaires, secondaires et supérieures ainsi que la quasi-totalité des stations de carburant ne sont pas opérationnelles à Uvira.

Les gestionnaires craignent encore la reprise des hostilités par le mouvement politico-militaire l’AFC/M23 qui se retrouverait à la porte d’entrée d’Uvira. Les acteurs de la société civile, ont sollicité l’implication du Vice-gouverneur et gouverneur Ad intérim, Jean-Jacques Purusi et d’autres autorités au niveau local pour la réouverture des grandes activités commerciales, notamment les banques, coopératives et stations de carburant. Selon eux, leur fermeture impacte négativement la vie des paisibles citoyens. À la FEC, Jean-Pierre Zembezembe, plaide pour la régularisation des prix sur le marché.
« Pour le moment Uvira n’est pas seulement frappée par la crise sécuritaire mais aussi celle économique où les banques, coopératives et autres institutions de microfinance restent encore fermées.» a-t-il affirmé. En réaction, l’autorité urbaine ad intérim, Kifara Kapenda Kyk’y, n’a pas manqué de manifester son pessimisme de voir la guerre initiée selon lui par Corneille Naanga et le M23 arriver à Uvira. Pour lui, ce forum n’est pas une simple réunion mais plutôt un cadre d’appel à la conscience collective en vue de trouver la solution à des questions ayant trait à la sécurité et à la bonne gouvernance dans cette entité territoriale décentralisée.
Ont pris part à ce forum tenu dans l’amphithéâtre de l’église El-shadai, les autorités politicoadministratives, militaires et policières provinciales et urbaines, les responsables de confessions religieuses, des résistants wazalendo, leaders communautaires et d’opinion, membres de différents services étatiques, acteurs de la société civile et mouvements citoyens, composantes femmes et jeunesse.
Une accalmie se fait observer sur la ligne de front qui mène vers Uvira depuis plusieurs jours maintenant, chose qui suscite des interrogations dans le chef de certains habitants d’Uvira. Est-ce une trêve ou un cessez-le-feu ? S’interrogent-ils.
Par Olivier RAMAZANI Alvin