100 étudiant.es de 7 universités de Bukavu viennent de s’engager à lutter contre les violences numériques en ces termes : « Nous jeunes étudiantes, responsables des institutions et artistes, nous nous engageons à utiliser les nouvelles technologies de l’information et de la communication en sauvegardant la dignité et le respect des femmes et des filles »
C’était à l’issue d’une conférence de sensibilisation sur la lutte contre les violences numériques organisée par l’Association des Femmes des Médias ce samedi 6 Décembre à l’Université Officielle de Bukavu grâce à l’appui de la Direction du Développement et de la coopération DDC.
En République Démocratique du Congo particulièrement à L’Est du pays, de nombreuses femmes, surtout ambitieuses sont victimes de harcèlement sur les réseaux sociaux. Ceux-ci sont utilisés aujourd’hui pour déstabiliser les femmes qui aspirent à la gestion de la chose publique. Elles font l’objet de médisance, message sexiste, harcèlement en ligne sur base des publications qui expriment leur opinion. Le cyberhacelement a de lourdes conséquences sur la vie des femmes, il détruit leur image, les discrédite et réduit leur élan.
Dans son mot d’ouverture, la chargée des Programmes de AFEM a appelé les participant.es à s’approprier la lutte contre les violences numériques touchant les femmes.
« L’objectif de cette activité est de contribuer à la lutte contre les violences numériques faites aux femmes et aux filles, à renforcer les connaissances des femmes et filles sur leur protection en ligne et renforcer l’engagement des responsables des institutions, les étudiant.es, ainsi que les artistes à lutter contre les violences faites à l’égard des femmes ,Je nous appelle donc à une participation active dans ce débat afin que tous ensemble puissions peaufiner des stratégies pour lutter contre ce fléau .
ADIDJA a remercié la Direction de Développement et de Coopération pour l’appui qui a permis la tenue de cette activité »

De son coté, Madame Marie Louise TABENA, Chargée des programmes Gouvernance à la Coopération Suisse a fait savoir que la Suisse reste consciente des défis énormes auxquels continuent à faire face les femmes et les jeunes filles. Elle a invité les étudiant.es et autres cadres à s’engager activement pour garantir que chacun puisse évoluer en toute sécurité tant hors ligne qu’en ligne
Nul n’ignore le rôle des universités est de former des citoyens conscients et de bâtir une culture du respect et de la citoyenneté en luttant contre toutes les formes des violences, ainsi les étudiants et étudiant.es sont considérés comme la génération capable de transformer durablement les mentalités.. a-t-elle précisé.
Cette activité ponctuée par 3 interventions a permis aux participant.es de renforcer leurs connaissances sur les notions des violences numériques, comment s’en prévenir et les stratégies pour protéger les femmes contre les numériques.
Pour la première intervenante ; Clémence NZITA, experte en communication et information, elle s’est apaisanti sur les types des violences numériques et leurs conséquences. NZITA souligne que les violences numériques visent à réduire au silence les femmes, surtout les femmes ambitieuses comme les femmes activistes ou politiques et d’autres dont la présence en ligne gène.
La violence numérique n’est pas virtuelle, est-elle réelle et cela détruit des vies, ensemble créons des espaces surs et sains pour toutes c’est notre responsabilité collective
Le deuxième paneliste, Loni IRENGE, journaliste factcheckeur au sein de la plateforme « Chunguza Habari » et Redacteur en chef à la RTNK a insisté sur la vérification des informations et le signalement de tout abus en ligne pour se protéger. Toutefois il en appelle à la prudence en ligne et l’accompagnement des victimes des violences numériques.

« Il faut utiliser un mot de passe fort constitué des chiffres, des lettres et des caractères spéciaux comme l’arobase, le point d’interrogation et protéger ses comptes par la double authentification. Ne surtout pas cliquer sur n’importe quel lien pour éviter le piratage de vos comptes.
De son côté Honneur SAFARI, Rédacteur en Chef à la prunelle a proposé des stratégies de protection pour les femmes. Il s’agit entre autres du renforcement des capacités des femmes sur les numériques, la déconstruction des normes sociales, la mise à jour régulière des comptes, la dénonciation, le signalement et l’accompagnement des victimes des violences numériques.
Le code numérique du 13 Mars criminalise le harcèlement sexuel, l’usurpation d’identité, la diffusion non consentie des images c’est pourquoi il faut dénoncer les auteurs des violences sexistes afin qu’ils répondent de leurs actes ;
Les participant.es à ce débat ont salué cette initiative d’AFEM et lui recommandent d’intensifier ces genres d’activités et surtout d’envisager le mécanisme d’accompagnement des victimes des violences numériques.
Il s’agit des étudiants de l’Université Evangélique en Afrique, l’Université Officielle de Bukavu, l’Institut Supérieur Pédagogique, l’Institut Supérieur de Commerce, l’institut Supérieur de Développement Rural, l’Institut Supérieur des techniques médicales, et l’Institut Supérieur de Commerce
Notons que cette activité s’inscrit dans le cadre de la 35e année de la campagne 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre, organisée autour du thème « Tous unis pour mettre fin à la violence numérique contre les femmes et les filles.
La Gracieuse N.A