Malgré les efforts déployés dans la riposte contre le choléra, la maladie continue de sévir dans l’aire de santé de Minova, au Sud-Kivu. Selon les responsables sanitaires, cette situation est principalement liée au manque d’accès à l’eau potable, qui pousse une grande partie de la population à consommer l’eau du lac Kivu sans traitement préalable.
Dans un entretien accordé à notre rédaction, Paulin Magaju, infirmier titulaire de l’aire de santé de Minova, explique que cette localité ne dispose d’aucune source naturelle d’eau potable.
Les habitants dépendent essentiellement d’un réseau d’adduction insuffisant ainsi que de l’eau du lac Kivu pour leurs besoins quotidiens.
« Nous recevons une faible quantité d’eau à travers le réseau d’adduction, mais elle ne suffit pas à couvrir les besoins de toute la population. De nombreux ménages n’y ont pas accès et sont contraints de puiser directement l’eau du lac, souvent sans traitement, ce qui favorise la persistance du choléra », déclare-t-il.
La situation est particulièrement préoccupante dans le village de Budondo, qui compte plus de 14 000 habitants, mais dispose de moins de trois bornes-fontaines. Cette insuffisance contraint de nombreuses familles à utiliser une eau non sécurisée, augmentant ainsi les risques de contamination.
Selon Paulin Magaju, les campagnes de chloration de l’eau, menées avec l’appui de partenaires humanitaires lors des périodes d’épidémie, contribuent à réduire les risques de transmission. Toutefois, ces interventions restent insuffisantes, plusieurs zones n’étant toujours pas couvertes.
Sur le plan sanitaire, l’infirmier titulaire indique que le choléra est désormais devenu endémique dans l’aire de santé de Minova. En moyenne, deux nouveaux cas y sont enregistrés chaque jour.
« Même un seul cas de choléra constitue une urgence de santé publique. Le fait d’enregistrer quotidiennement plusieurs nouveaux cas montre que la maladie continue de circuler activement au sein de la communauté », insiste-t-il.
Face à cette situation, Paulin Magaju lance un appel aux autorités ainsi qu’aux partenaires techniques et financiers afin qu’ils investissent durablement dans l’amélioration de l’accès à l’eau potable.
Il plaide notamment pour l’augmentation du nombre de bornes-fontaines et la mise en place d’un système moderne de captage, de traitement et de distribution de l’eau du lac Kivu, à l’image des infrastructures développées dans d’autres villes de la région.
Pour les responsables sanitaires de Minova, seule une amélioration durable de l’approvisionnement en eau potable permettra de réduire significativement les cas de choléra et de protéger efficacement les populations contre cette maladie qui continue d’affecter la communauté.
La Rédaction

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